Page d'accueil > Actualités

Actualités

Année Internationale de l’Agriculture Familiale

[13-05-2014]

De grandes expectatives pour les organisations de la société civile péruvienne !

«Il faut que quelque chose de concret émerge de cet atelier. Basta de blabla ! Et si on formait une plateforme nationale pour défendre les intérêts de l’agriculture familiale?»

Le 30 janvier 2014, lors d’un atelier promu et animé par le groupe thématique «Souveraineté alimentaire et agriculture familiale» de la COEECI (La Coordinadora de Entidades Extranjeras de Cooperación Internacional est composée de 55 ONG internationales qui gèrent près de 90% des fonds de la coopération «ONG» enregistrée au Pérou. ADG y coordonne un groupe thématique «Souveraineté alimentaire et agriculture familiale» et les appuis de ses membres aux plateformes péruviennes.), Moises Quispe, directeur exécutif de l’Association Nationale des Producteurs Écologiques du Pérou (ANPE PERU), me tenait ces propos à la pause-café: «Il faut que quelque chose de concret émerge de cet atelier. Basta de blabla! Et si on formait une plateforme nationale pour défendre les intérêts de l’agriculture familiale?»

Mon appui a été instantané.

Ce rêve non exprimé depuis la création officiel du groupe thématique en 2011 allait-il enfin se concrétiser? Ces nombreuses heures de discussion, de concertation, de recherche de synergies et de complémentarités entre institutions semblaient porter leurs fruits. Il est vrai que ces processus synergétiques auxquels j’ai toujours cru n’ont pas été et ne sont pas toujours faciles. Cela vaut-il la peine de passer autant de temps pour dynamiser ces groupes thématiques, de travail ou autres tables rondes? N’y laisse-t-on pas trop d’énergie de de moyens alors qu’ils sont de moins en moins disponibles? Ne sommes-nous pas trop protagonistes? Cela contribue-t-il réellement aux objectifs que notre institution a définis? Autant de questions nécessaires que l’on se pose, dont les réponses nous permettent d’orienter notre travail. Il serait évidemment prétentieux de penser qu’un petit pas soit un grand succès, mais il faut pouvoir les mettre en évidence, pour dynamiser les troupes et définir les priorités.

La création de la Plateforme Nationale pour l’Agriculture Familiale (PAF-Perú) est un de ces petits pas. Ces dernières semaines, elle s’est constituée officiellement et a défini un agenda commun pour cette année si importante pour l’agriculture familiale.

Elle est composée de cinq collectifs :

  • l’Association des Organisations Agraires du Pérou,
  • le Collectif Pérou pour la sécurité alimentaire avec souveraineté,
  • le consortium agroécologique du Pérou,
  • la Convention Nationale pour l’Agro (CONVEAGRO)
  • la Société Péruvienne de Gastronomie (APEGA).

L’objectif est la reconnaissance de l’agriculture familiale par la société et l’Etat péruviens, comme un secteur d’activités socialement, économiquement, culturellement et écologiquement indispensable. Cinq axes de travail prioritaires ont été définis: renforcement des organisations paysannes; viabilisation de la femme dans l’agriculture familiale; échange et construction de connaissances; information et communication; propositions de politiques.

La plateforme prétend également coordonner des événements importants dans le but d’optimiser les ressources disponibles et d’obtenir un plus grand impact: semaine de 24 juin, journée officielle du paysan; semaine du 16 août, journée internationale de l’alimentation ; mise en évidence du rôle de l’agriculture familiale face aux défis des changements climatiques lors de la COP 20 (La COP est l’organe suprême de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Elle est composée des 189 États membres.

La COP se réunit annuellement lors de conférences mondiales qui analysent les avancées de la convention et prend des décisions pour atteindre les objectifs de lutte contre les changements climatiques.) qui aura lieu à Lima en décembre 2014. L’objectif principal de la commission « Politiques » est d’élaborer et de promouvoir une proposition de loi de l’agriculture familiale. La reconnaissance recherchée va en effet au-delà des beaux discours. Il s’agit de faire pression auprès des autorités publiques pour qu’elles investissent plus, mieux et de manière plus planifiée, au service des deux millions deux cents mille familles paysannes (recensement 2012, famille possédant moins de 10 ha).

L’agriculture familiale fournit 80 % des aliments consommés au Pérou.

Un petit pas… car les défis et les obstacles sont nombreux.

S’il est vrai que la création de la plateforme émane de la volonté réelle des collectifs et de leurs représentants de chercher « ce qui nous unit plutôt que ce qui nous divise », les points de divergence ne manquant pas et les intérêts institutionnels, voire individuels, prenant de temps à autre le pas sur les intérêts communs.

Notre rôle, comme entité de coopération internationale, est d’accompagner et appuyer ce processus, sans chercher un leadership qui ne nous incombe pas. Dans cette optique, notre apport passe également par la facilitation des échanges entre institutions si diverses, afin de « sumar esfuerzos » plutôt que générer des conflits.

Au-delà des ambitions et des futurs résultats de cette plateforme, toute cette réflexion a permis de définir, du point de vue des organisations de la société civile, les axes de travail prioritaires pour l’agriculture familiale au Pérou, un cadre d’action pour nos institutions et des pistes d’intervention commune. D’ores et déjà, nous avons prévu d’évaluer en janvier 2015 notre travail commun et son impact sur l’objectif fixé. Nous vous tiendrons informés…

Garante de la conservation de l’agrobiodiversité : famille d’Aija reconnue pour conserver environ 80 variétés de pommes de terre.