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Cours métis de Maitet Ledesma sur les impacts du changement climatique et les enjeux des négociations sur le climat

[01-04-2015]

Dans le cadre de la campagne Campus Plein Sud 2015 et de la campagne « Paris à prendre » du CNCD 11-11-11 dont l’objectif est d’embarquer à bord du climate express pour la 21ème  Conférence cadre des Nations-Unies pour le changement climatique (COP21) à Paris, Maitet Ledesma, militante philippine a animé un cours métis le 27 mars sur les impacts catastrophiques du changement climatique et les enjeux des négociations internationales sur le climat.

Fonte des glaciers, augmentation du niveau des mers et océans, nombre croissant de phénomènes climatiques tels que les typhons : la sonnette d’alarme est tirée. Si les pays du Nord semblent moins concernés que les pays du Sud par la crise climatique, Maitet Ledesma nous rappelle que le risque de catastrophe ne cesse de croître au fil du temps partout dans le monde. Qu’adviendra-t-il des Pays-Bas lorsque le niveau de la mer continuera à augmenter ? La ville de Venise pourra-t-elle faire face à une montée des eaux?  Quid des réfugiés climatiques au Bangladesh ? Le changement climatique est un problème global qui nous concerne tous.

Aussi, à travers son exposé sur l’exemple des Philippines, Maitet Ledesma nous démontre le lien entre le changement climatique et la justice sociale et nous invite à la mobilisation.

Haiyan ou l’illustration de la crise du changement climatique

Le typhon Haiyan est l’un des derniers exemples en date des conséquences désastreuses du réchauffement des mers et des océans. Il s’agit d’un des typhons les plus violents et destructeurs de l’histoire humaine avec des vents ayant atteint  les 310 km/h. La région de Tacloban,  aux Philippines, a ainsi été ravagée par l’intensité du typhon et ce sont les communautés en première ligne qui ont ressenti son impact le plus violemment aussi bien en ce qui concerne les pertes humaines que les pertes de ressources basées principalement sur l’agriculture et le travail de la terre.

L’industrie minière aux mains des multinationales : quelles conséquences ?

Aux Philippines, d’autres problèmes viennent alourdir le bilan du changement climatique. En effet, les extractions de minerais, l’une des principales ressources naturelles du pays, par des multinationales étrangères avec la bénédiction des autorités, ne sont pas sans lourdes conséquences. Expulsion des petits propriétaires, souvent agriculteurs, pollution de l’eau, érosion des sols mais encore destruction des forêts et détérioration de la biodiversité n’en sont que quelques exemples. Lorsque les citoyens tentent de résister aux rouleaux compresseurs des multinationales étrangères, ils s’exposent à des restrictions de leurs droits ou, plus grave, à des assassinats politiques témoignant de la complicité du gouvernement philippin.

Changement climatique et justice sociale : quels liens ?

Les plus pauvres, qui par ailleurs ont le moins de responsabilité vis-à-vis de cette crise, paient donc le plus lourd tribut au changement climatique. Il est alors fondamental de comprendre que le changement climatique est aussi un problème de justice sociale. En effet, les pays du Nord et les pays les plus industrialisés sont responsables de 80% des émissions de gaz et sont devenus riches au détriment de leurs voisins moins industrialisés. Les ressources dont ils disposent nourrissent ainsi des modes de vies non viables car non durables, alimentés par la cupidité des multinationales.

Négociations internationales sur le climat : comment atteindre une solution ?

Depuis 33 ans, de nombreuses négociations sur le climat ont eu lieu mais n’ont pas apporté de réponses satisfaisantes à cette problématique. En effet, les États n’ont de cesse de renvoyer la balle dans le camp de leurs voisins tout en se dédouanant de leurs responsabilités. Or, à l’heure actuelle, il y a urgence. C’est pourquoi, la COP21 se déroulant en décembre 2015 à Paris se doit d’être la conférence qui fera bouger les choses. Les États ont donc prouvé à maintes reprises leur mauvaise foi et leur manque de volonté à mettre des solutions sur la table. C’est pourquoi seule une mobilisation massive des citoyens du monde entier et une pression sans relâche sur les gouvernements pourront être le moteur de la solution au changement climatique. Si les accords se prennent à l’intérieur de la COP21, la pression de la rue à l’extérieur produira la solution.

Ainsi, pour Maitet Ledesma, c’est la somme de tous les efforts conjugués au niveau des citoyens qui pourra faire plier les gouvernements. Il est donc impératif de sensibiliser tout un chacun autour de nous, de nous organiser, et d’agir maintenant pour une planète plus humaine.