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Formation Agriculture et Coopération - Témoignage de Claire Didier

[03-05-2017]

Deux fois par an, les étudiant-e-s en agronomie ont l'occasion de participer à une formation sur l'agriculture et la coopération. A travers différents modules théoriques et participatifs, ils-elles découvrent les enjeux et évolutions de la coopération au développement, améliorent leur compréhension des interdépendances Nord-Sud et débattent autour de nombreuses thématiques comme la souveraineté alimentaire, l'agroécologie et les réalités des agriculteurs-trices dans le monde. Intégrée comme atelier portfolio à l'ULG, cette formation vient en complément au cursus académique des étudiant-e-s. Claire Didier, étudiante à l'HEC-Liège, nous partage ses impressions.  

Durant 5 soirées, je me suis rendue à Gembloux pour assister à la formation « Agriculture et Coopération » organisée par ADG. Etudiante à HEC-Liège, cette activité nous était proposée dans le cadre d’un cours. J’ai choisi cet atelier parce que je voulais comprendre plus en détails les interdépendances Nord-Sud en matière agricole.

Je m’attendais à une formation très théorique sans vraiment de participation avec les personnes présentes. C’était tout à fait le contraire ! Chaque soirée était coordonnée de manière différente. Chacun pouvait réagir et partager son opinion. Les personnes présentes venaient de tout horizon (de la Belgique au Brésil en passant par le Congo ou l’Egypte…) et avaient des expériences différentes, ce qui a véritablement enrichi les échanges.

Apprendre de manière ludique

Au cours de la formation, les animatrices d’ADG nous ont proposé deux jeux différents qui permettaient de se mettre dans la peau d’un gouvernement d’un pays Nord ou Sud ou dans la peau d’un agriculteur riche ou pauvre. Tout au long des parties, nous devions prendre des décisions pour améliorer notre pays ou notre exploitation. Grâce à ces animations, j’ai pu comprendre les difficultés de prendre des décisions qui engendrent alors des conséquences non prévues au départ. Lors d’un jeu, des groupes étaient formés pour gouverner un pays. J’ai donc pu constater la complexité à trouver un accord lorsqu’il y a des personnes avec des cultures et des opinions différentes autour d’une table. Ces deux jeux m’ont semblé bien appropriés et révélateurs de certaines réalités mondiales. Ils m’ont permis d’avoir une approche plus précise des différents problèmes rencontrés ainsi que des solutions qui sont apportées. Cela en s’amusant et en échangeant nos points de vue sur le sujet de l’agriculture tant au Nord qu’au Sud.

Les deux soirées suivantes étaient basées sur des thèmes bien précis. J’ai donc pu apprendre la notion de souveraineté alimentaire qui est un droit des populations et des pays à définir leurs propres politiques alimentaires et agricoles. 

L’exemple qui m’a le plus marqué est celui des oignons au Sénégal où le gouvernement a mis en place une « barrière » contre l’importation d’oignons avant que leur propre stock soit écoulé.  J’ai également pu approfondir le concept de « projet ». Je savais que l’aboutissement d’un projet résultait d’une série d’étapes. Il faut identifier plusieurs éléments comme les objectifs, les résultats, les moyens ou encore le budget tout cela en prenant en compte les risques et opportunités présentes ainsi que d’autres effets négatifs ou positifs.  

Le plus : rencontrer des acteurs et actrices du Sud 

Lors de la dernière soirée de formation, nous avons eu la chance de rencontrer différents acteur-trice-s belges ou originaires du Sud de la coopération au développement. Ceux-ci nous ont d’abord expliqué leur parcours et leurs projets réalisés dans les pays du Sud. Ce que j’ai particulièrement apprécié dans cette rencontre, c’est de pouvoir leur poser des questions sur leurs ressentis, leurs expériences.

Via ces échanges, j’ai compris que ce n’est pas si simple de s’intégrer et de montrer aux agriculteurs comment améliorer leur production et leur niveau de vie. J’ai été très surprise quand l’un d’eux m’a expliqué que pour être crédible il ne fallait pas arriver en tant qu’ingénieur mais plutôt se mettre à leur place et travailler comme eux pour leur prouver que les techniques apportées marchaient.

Je tenais à remercier les animatrices d’ADG pour leur professionnalisme. Cette formation m’a permis de me rendre compte des difficultés des agriculteurs tant au Nord qu’au Sud ainsi que les aides qu’ADG ou d’autres organismes pouvaient leur apporter. J’ai également été sensibilisée à l’impact que nous avons en tant que consommateur sur le système agricole et alimentaire. Cette expérience enrichissante m’a également permis de découvrir les points positifs à l’achat de produits locaux.