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L'agriculture, une histoire de femmes. Rencontre avec Marianne Streel.

[14-01-2015]

Dans l’agriculture wallonne, les femmes jouent aussi un rôle important. Certes, celui-ci peut fortement différer d’une exploitation à une autre. Afin d’en savoir plus sur les agricultrices en Wallonie, leur reconnaissance, leur statut et leurs atouts, nous sommes allés à la rencontre de Marianne Streel, présidente de l’Union des Agricultrices Wallonnes (UAW).

Qu’est-ce que l’Union des Agricultrices Wallonnes (UAW) ?

L’UAW est la branche féminine de la Fédération Wallonne de l’Agriculture (FWA). Etant un syndicat, elle a pour but la défense du secteur agricole et d’un revenu suffisant pour les exploitations. Le rôle de la branche féminine est évidemment de participer à ce travail mais avec un côté plus spécifique qui a pour objectif la défense et la promotion des agricultrices et de leurs familles sur les plans professionnel, social et culturel. Nos agricultrices se réunissent régulièrement au niveau des sections locales, elles y organisent des activités de loisir et d’éducation permanente pour échanger leurs expériences et renforcer leurs compétences  afin qu’elles puissent faire face, par elles-mêmes, aux défis qui se posent dans leurs exploitations.

Quelle est la priorité de l’UAW ?

Notre premier souci, c’est le maintien d’une agriculture familiale car elle est essentielle pour garantir la sécurité alimentaire dans le monde. Elle est la plus à même de répondre aux défis de demain, qu’ils soient économiques, environnementaux, ou sociaux. Elle est gage de durabilité et elle permet aux familles agricoles un revenu suffisant.

Quelles sont les principales réussites de l’UAW ?

Des grands combats ont été menés et obtenus, notamment pour l’obtention du statut de conjoint-aidant et de la cotitularité.

Au départ, les femmes rurales n’avaient pas de statut dans l’exploitation et nous pouvions lire « femme au foyer » sur leur carte d’identité. Cette problématique touchait toutes les femmes d’indépendants. Ensemble, nous avons obtenu la  mise en place d’un statut social complet : le statut de conjoint-aidant qui a permis la reconnaissance du travail effectué depuis toujours dans les exploitations. Celui-ci leur donne droit à la pension, au congé de maternité, etc. moyennant le paiement d’une cotisation sociale.

 

Elles ont ensuite obtenu la cotitularité des droits de production de l’exploitation. La cotitularité offre au conjoint-aidant la possibilité d’avoir une gestion en commun de certains aspects de l’exploitation. Le conjoint-aidant devient aussi titulaire des quotas et de toutes attributions administratives. Les femmes rurales bénéficient donc d’une protection puisque désormais, il faut la signature des deux conjoints afin de réaliser, par exemple, la vente d’un quota laitier.

Quelle est la place de la femme dans l’agriculture aujourd’hui ?

Je pense que la situation des femmes, comme dans le reste de la société, a évolué. Avant, si tu épousais un agriculteur, tu devenais presque d’office agricultrice. À présent, les femmes sont en général plus instruites et les relations dans les couples ont aussi changé. On retrouve dans le monde agricole des femmes avec des statuts et des situations tout à fait différents. Il y a des exploitations où Madame n’a rien à dire ou encore des exploitations où c’est Madame qui décide de tout. On ne peut pas dire que les femmes aujourd’hui soient plus en souffrance dans le secteur agricole qu’ailleurs.

Quels sont les atouts de la femme dans le milieu agricole ?

La vision féminine de l’agriculture est plus sociale que la vision masculine qui est purement économique. Cependant, les femmes ont aussi une grande notion économique mais leur vision est plutôt à long terme. L’homme va se battre pour les revenus des prochaines années et la femme se souciera plus de la transmission des savoirs et de l’avenir de l’exploitation, ce qui est une caractéristique très féminine et maternelle.