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Le Sommet sur le climat à Lima : un accord minimal pour préparer celui de Paris

[18-12-2014]

La 20ème conférence de l’ONU sur le climat s’est achevée dimanche dernier. Un accord a été trouvé posant les bases du futur pacte international qui doit être conclu à Paris en décembre 2015. Mais l’accord établi semble faible face à l’urgence du changement climatique. Dans ce contexte, il est important pour ADG de rappeler qu’il faut prôner une gestion durable des ressources naturelles et ce afin que chacun puisse vivre dignement. Cet accord signé à Lima propose-t-il une réelle alternative ? Que faut-il en retenir ? ADG vous en propose un bref résumé tout en mentionnant son implication dans l’agriculture.

Quels sont les principaux points de l’accord ?

C’est donc après deux semaines de pourparlers et un allongement de deux jours du sommet qu’un compromis a pu être voté entre les 195 pays présents. Le strict minimum a été fait et la confiance entre les états n’était pas au rendez-vous. En effet, Le fossé entre les pays industrialisés et les pays plus fragiles n’a jamais semblé aussi profond.

Trois éléments sont à retenir des négociations. Le premier concerne les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les états se sont engagés à confirmer leur volonté de réduire leurs émissions d’ici mars 2015 soit avant la conférence de Paris. Cette réduction sera déterminée par les pays eux-mêmes et doit aller au-delà des actions précédentes. Sans obligation, les pays peuvent ajouter des informations (ex : calendrier de mise en œuvre, méthodologie) quant à leur engagement. De plus, ils devront publier leurs avancées sur le site du secrétariat de la Convention de l’ONU qui prépara une synthèse pour novembre afin de comparer l’effort global prévu par rapport à l’objectif stipulé par le GIEC de limiter le réchauffement à 2 degrés. Retenons de ce premier point qu’il est étonnant de constater que les Etats peuvent définir leur propre réduction.

Le deuxième élément important de cet accord est la reconnaissance d’un texte de travail en vue du sommet de Paris. Le texte avait été discuté ces deniers mois mais n’avait pas le statut de document de travail reconnu par l’entièreté des parties. Adossé en annexe des engagements sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, il comprend une multitude d’options sur les futurs points à traiter à Paris (ex : financements, transfert des technologies, transparence etc.).

Enfin, le troisième élément à dégager de l’accord concerne ses fondements et principes. Dans la continuité de la Convention de l’ONU, une responsabilité commune mais différenciée de l’ensemble des pays sera inscrite dans le prochain accord. Cette responsabilité est d’autant plus primordiale dans la limitation de la hausse de la température globale entre 1 ,5° et 2°. En effet, certains pays sont préoccupés par l’écart important entre les engagements actuels de réduction des émissions de gaz à effet de serre et les trajectoires cohérentes pour atteindre la fourchette des températures. Dans cette vision, les pays industrialisés sont appelés à soutenir financièrement les pays du Sud, en particulier, les plus vulnérables afin que ceux-ci puissent s’adapter au changement climatique. Le Fonds Vert a été mis en place et a pour vocation de soutenir ces pays en voie de développement. Il s’élève à 9,3 milliards de dollars et correspond à l’engagement de 21 pays. On est encore loin des 100 milliards de dollars par an, d’ici 2020, prévu en 2009.

Au-delà d’un accord mondial, ce sont les mentalités et les modes de vie qui doivent être modifiés. Chacun a une responsabilité et le changement ne se fera que si nous y mettons une certaine volonté. Pour ADG, ce changement peut passer par une révision de notre mode de consommation en promouvant la souveraineté alimentaire, l’agriculture familiale et l’agroécologie. C’est en mettant l’accent sur les personnes et leurs activités que l’on pourra atteindre un autre modèle de notre consommation et donc améliorer la gestion de notre planète.

Comment changer nos modes de vie ? Le cas de l’agroécologie.

L’agriculture est par conséquent incontournable dans la lutte contre le changement climatique. Beaucoup de nos pratiques actuelles sont désastreuses pour l’environnement et le défi est de taille au vue des 9 milliards de personnes qu’il faudra nourrir d’ici 2050. Plus important encore, ADG pense que l’appropriation et la diffusion d’une autre agriculture est possible et que cela possible ne réponde pas à des considérations idéologiques. Cultiver autrement c’est permettre de trouver des solutions tout en garantissant un avenir décent à la population. L’agroécologie est une piste vers un monde plus juste et plus respectueux de son environnement.

Plusieurs institutions et experts, comme l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique français) et ou Olivier De Schutter, affirment que le choix politique, économique et social actuel en matière d’agriculture doit intégrer la réduction des pollutions, diminuer la consommation d’énergie et assurer les revenus des agriculteurs-trices. Selon Alain Carpentier, spécialiste de la micro-économie agricole, il faut « aller chercher le progrès technique là où il est, et stimuler la capacité du système à se réorganiser. Les politiques publiques doivent être en appui à cette démarche »¹. Les pratiques agroécologiques peuvent être une réponse technique aux deux enjeux cités. L’objectif étant donc d’atteindre progressivement une adaptation des acteurs à ces nouvelles pratiques plus propres écologiquement qui permettront également de réorganiser le système agricole.

Par conséquent, il est fondamental que les États prennent des décisions précises et de fond sur la question de l’agriculture lors de la Conférence de Paris. Il faudra pour cela dépasser l’accord minime qui vient d’être accouché difficilement. Les négociations devront concilier un maximum les ambitions de chacun des pays tout en aboutissant à un réel accord qui amorce un profond changement de nos actions. ADG contribue activement pour que la prochain Sommet sur le climat soit une réussite !

En complément d'information, voici un schéma très intéressant et didactique sur la façon dont le système alimentaire indrustriel contribue à la crise climatique:

http://issuu.com/grain.org/docs/food_and_climate_poster_fr_03?e=5351071/10440190


 Sources 

¹http://institut.inra.fr

http://www.lemonde.fr

http://tempsreel.nouvelobs.com

ADG, Cultivons le futur ! n°35 – L’alternative agroécologique, septembre 2014