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Témoignage de Maliki Agnoro sur stage méthodologique en appui à l’innovation en agriculture familiale

[15-02-2018]

Le Stage méthodologique en appui à l'innovation en agriculture familiale est un stage international organisé en Belgique par ADG en collaboration avec la Faculté de Gembloux Agro-Bio Tech (GxABT). Il vise à renforcer les compétences desdits acteurs et actrices à identifier et mettre en œuvre des combinaisons d’actions innovantes, contribuant au développement de l’agriculture familiale.

Après environ trois mois et demi d’intenses activités, ADG a interviewé Maliki AGNORO (MA), l’un des lauréats de la promotion 2016-2017, qui a bien voulu partager ses impressions avec vous.

 

ADG : Bonjour Maliki, Pouvez-vous vous présenter ?

MA : Je me nomme Maliki AGNORO, Directeur exécutif de l’association à but non lucratif Jura-Afrique Bénin. Cette association intervient dans l’accompagnement du monde rural, la promotion de l’emploi des jeunes et de la bonne gouvernance au nord-Ouest du Bénin. Je suis béninois, marié, sans enfants et je vis dans la commune de Tanguiéta située à près de 600 km de Cotonou, capitale économique du Bénin et à 50 km environ de la frontière du Burkina.

ADG : Pourquoi avoir choisi de participer à ce stage ?

MA : Pour plusieurs raisons notamment pour vivre de nouvelles expériences et contribuer en retour à enrichir et améliorer la qualité de nos interventions. C’était aussi un défi de prendre part à ce stage très sélectif et très apprécié de par le monde. Je m’en réjouis de faire partie de l’actuelle promotion et félicite les organisateur-trice-s pour le professionnalisme dont ils ont fait objet durant la phase de sélection des candidats.

ADG : Que retenez-vous de votre promotion ?

MA : Notre promotion était constituée de 14 personnes, dont 3 femmes. Huit pays étaient représentés : le Bénin, le Burkina, le Cameroun, la République du Congo, le Madagascar, le Niger, le Sénégal et le Vietnam. Les profils étaient très variés : certain-e-s était sociologue, économiste, anthropologue,… mais la majorité était agronomes. Les expériences étaient elles-aussi diversifiées et complémentaires : des agents de développement rural et des ONG locales, des chercheurs, des chercheuses, des acteur-trice-s de la microfinance et des universitaires. Quant à la dynamique du groupe, je note une bonne unité dans la diversité. La cohésion a été fort impressionnante et très appréciable malgré certaines petites coquilles qui relèvent du genre humain. Je me souviendrai encore et encore de Christien, le malgache aux mille idées ; des impressionnantes démonstrations du burkinabais Badolo, des théories d’économies de Paddy, des expressions linguistiques qui font sourire de Nguyet. Je n’oublierai point ici la famille Bénino-malgache constituée par Fidèle avec la reine des abeilles comme mère, deux autres malgaches comme ses enfants et moi comme leur tonton. Quelle originalité, n’est-ce pas !!! Je n’oublierai pas non plus le conseiller du chef village, le grand Bike et le représentant du grand Senghor, le sénégalais Zale.

 

ADG : Quelles sont vos impressions du stage ?

MA : Ce stage m’a fait vivre une expérience unique. En effet, de toutes mes expériences professionnelles, ce stage a été celui le plus long et le plus formidable sur le sol européen. Je me réjouis très sincèrement d’avoir non seulement eu l’occasion d’approfondir mes expériences, dans un contexte multiculturel fort diversifié et une dynamique interactive, sur des thématiques pertinentes liées à l’agriculture, mais aussi d’acquérir de nouvelles aptitudes sur la gestion du cycle de projet et la gestion axée sur les résultats.

ADG : Comment comptez-vous valoriser cette expérience et ces connaissances ?

MA : Ce stage m’a permis d’affiner mon avant-projet dont j’étais porteur ; ce qui me permet ainsi de contribuer fondamentalement à l’évolution des problématiques liées au bien-être des petits agriculteur-trice-s de ma région à travers la promotion de la recherche-action paysanne. Je nourris aussi fortement l’ambition de renforcer notre association et impulser une nouvelle dynamique dans la commune de Tanguiéta à travers cette expérience incommensurable.

ADG : Qu’est-ce qui vous a marqué en Belgique?

ADG : Beaucoup de choses m’ont marqué. Je vais juste citer trois anecdotes que j’ai eu le temps de confirmer en Belgique. D’abord, on vient en pleurant (le temps et les réalités sociales étant différents du nôtre) et on y repart en pleurant (puisqu’on finit par s’y habituer et on laisse derrière beaucoup d’amis). En second lieu, on y trouve ici aussi des comportements à dormir debout ; c’est le cas de la cérémonie d’initiation de certains nouveaux étudiants en lapin. Enfin, comme partout en Europe, vous vivez au rythme de votre horloge alors que nous avions le temps en Afrique.

ADG : Aviez-vous un dernier mot pour nos lecteurs et lectrices ?

MA : Un ouf de soulagement et une énorme gratitude à Dieu pour avoir survécu après 4 mois dans un environnement inhabituel fait de stress et de vitesse. Un grand merci à toutes et tous les Belges ayant manifesté leur sympathie et leur affection à toute notre promotion durant ce séjour. Par ailleurs, j’exprime toute ma plus profonde reconnaissance et mon admiration à l’ARES, à ADG et à nos encadreurs et encadreuses pour leur professionnalisme et leur noble initiative pour l’encadrement des jeunes professionnel-le-s du Sud.

Enfin, je m’en voudrais de ne pas remercier du fond du cœur tous mes collègues promotionnaires pour m’avoir fait l’honneur de me choisir comme chef du village de la promotion 2017. Ce fut une véritable expérience de conduire la destinée d’un minuscule  village à huit capitales. Je repars ainsi au Bénin avec sept autres nationalités à la fois très fier de retrouver les miens et le cœur un peu serré parce que nous manquerons certainement à la Belgique ; que dis-je, la Belgique nous manquera.