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Pablo Servigne: Nourrir l'Europe en temps de crise

[24-02-2015]

Julie Jadoul, bénévole chez ADG, nous livre ses impressions, ses doutes et ses espoirs suite à sa participation à la conférence de Pablo Servigne le 10 février dernier...

Peut-être comme moi, assaillie de mauvaises nouvelles, il vous semble que le monde va de plus en plus mal. Ainsi comme l’annonçait récemment la presse : nous avons franchi la 4ème des 9 barrières qui nous séparent de la destruction de la planète. Face à ces constats, une question revient : que faire ?

Ce mardi 10 février, nous étions plus de 140 personnes, réunies au foyer communal de Gembloux dans l'espoir d'y trouver des réponses.

Dès l’ouverture de la conférence, l’état des lieux est affligeant: dépassement des pics d'utilisation du pétrole, du phosphore et de l'azote, sur lesquels est basée notre alimentation, bouleversement du cycle naturel de ses composants, perte de nutriments dans les sols liée à leur utilisation, dégradation de la biodiversité,... j'ai moi-même eu du mal à ne pas me laisser envahir par la détresse. Si j'ai apprécié recevoir des données chiffrées provenant de sources fiables pour me prouver que j'ai raison de m'en  faire, je comprends la réaction de certains lorsque j'essaye d'aborder le sujet : cela fait peur, et à juste titre !

 

Cette « nuit obscure de l'âme », Pablo Servigne l'a expérimenté avant nous. Cet ancien de la faculté de Gembloux, qui a eu le courage de devenir chercheur indépendant, a traversé toutes les étapes de ce qui peut être appelé un « deuil » de notre manière de vivre actuelle et nous invite à faire de même. La conférence s'est clôturée sur une note plus optimiste. S’il n'est plus possible de faire marche arrière, grâce à lui, j'ai pu mettre un nom sur une future façon de vivre, plus respectueuse de notre planète à travers les concepts de résilience et transition. Définie de manière littérale comme une «capacité à rebondir», ou à «retrouver son état antérieur», la notion de résilience est à l'heure actuelle encore vivement critiquée. Contrairement à celle-ci ; la notion de transition est un concept mieux toléré et va de petites initiatives locales.

Une chose est sûre, l'engouement que connaît ce type de soirée me prouve que je ne suis pas la seule à vouloir opérer un changement et cela me réconforte. Comme Pablo Servigne l'a démontré, il vaut mieux que ce changement de situation s'amorce progressivement et dès à présent dans nos têtes et se fasse par la mise en œuvre de petites initiatives plutôt que d'attendre d'être confrontés aux problèmes car dès lors nous n'aurons plus le choix de vivre autrement. 

 

Julie Jadoul