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Témoignage de Capucine Ray, stagiaire au pérou, 2013-2014

[25-03-2015]

Voici le témoignage de Capucine, étudiante partie réaliser son TFE au Pérou...

Mon stage dans la région d’Ancash-Pérou avec ADG

Dans le cadre de mon année interstitielle, j’ai eu la grande chance de pouvoir faire mon premier stage de 5 mois (Septembre 2014– Fin janvier 2015) au sein de l’équipe d’ADG de Huaraz. Une expérience exceptionnelle durant laquelle j’ai pu apprendre plus que durant toutes mes années d’étude réunies.


Mon stage portait sur l’étude d’un engrais organique foliaire: le Biol. Avec deux comités de producteurs, l’un situé dans la province de Carhuaz et l’autre dans la province de Pamparomas, nous avons mené une expérimentation sur deux Biol que nous avons produit ensemble au sein de chacun des comités. Nous avons étudié l’effet de ces Biol sur deux cultures : le radis et la laitue au sein de plusieurs petites parcelles d’essais. Un sujet d’investigation participatif vraiment intéressant dont la majorité du travail était un travail de terrain et de gestion de projet. Parfait pour un étudiant agronome!

Une expérience exceptionnelle

Je ne sais avec quels mots je pourrais décrire l´expérience que j´ai vécu la bas. Bien sûr, ce serait mentir que de dire que tout s´est toujours passé comme sur des roulettes. Il y a eu des moments difficiles, mais ce n´est pas ces souvenirs là dont on se rappelle. Cette expérience m´a permis de découvrir une partie de la culture d´un pays, la façon de vivre des personnes, de travailler et partager avec les petits producteurs de la Sierra, d´apprendre plein de techniques agroécologiques, mais aussi et surtout à me connaitre moi-même. J´ai appris la patience, l´autonomie et à gérer un projet, pas n´importe lequel, mon propre projet. Jamais je n´aurais pu apprendre toutes ces choses à l´école. On ressort grandi d’une telle expérience, avec plein de nouvelles choses et idées dans la tête. Pour mes sorties sur le terrain, j’étais accompagnée en général, au moins au début, par Nino ou les facilitateurs, Julio et Manuel, de chacune des zones : Carhuaz et Pamparomás. Cela m’a permis de faire plus facilement connaissance avec les comités et à faciliter la mise en place de l’expérimentation. Ils m´ont beaucoup aidé tout au long de mon expérimentation.

 

Difficultés rencontrées

Si je devais parler de mes difficultés, je ne parlerais pas de la barrière de la langue car on arrive toujours à se débrouiller et étant totalement immergé, on n’a pas d´autre choix que de vite s’améliorer. Je dirais que dans un premier temps, la difficulté était le regard des autres, surtout dans des petits villages comme Pamparomás où il n´y n’a pas beaucoup d´étrangers. Mais finalement, on s’y habitue… car ce regard change petit à petit. De « grigita », tu deviens peu à peu « mamita ». Cela a été une grande étape pour moi et m´a apporté beaucoup de joie. Ma deuxième difficulté a été dans la gestion seule de ce projet. Je ne savais pas toujours comment faire, je manquais quelques fois d´informations, de connaissances pratiques. Mais il faut se lancer et ne pas avoir peur de prendre des initiatives. L´organisation avec les producteurs n´est pas toujours simple, il faut être patient et savoir accepter que les choses ne se passent pas toujours comme ce qui était prévu, s’adapter... C’est parfois démotivant, mais il suffit du sourire d’un producteur pour se remotiver. On arrive toujours à de petites victoires, pas toujours celles auxquelles on s’attendait. On se rend vite compte que de ces difficultés on a beaucoup appris. Des erreurs, j’en ai fait, mais cela fait partie de l’apprentissage. Il faut savoir les accepter. Avec du recul, on se rend compte de ce que l’on aurait pu améliorer, faire différemment. Notre vision change et cela est important. On ne peut pas connaitre un pays, un mode de travail en 5 mois. Travailler avec les producteurs demande de l’observation, de l’expérience. En effet, le travail d’investigation n’est pas quelque chose d’habituel pour eux et demande donc de modifier certaines de leurs habitudes.

La vie au Pérou

Concernant ma vie à Huaraz, l’adaptation s’est très bien passée. L’équipe de Huaraz m’a très bien accueilli. L’ambiance y est très familiale, je m’y suis sentie en famille durant ces 5 mois. J’étais logée dans la maison d’une famille Péruvienne à Huaraz. J’avais ma chambre et ma salle de bain et partageais la cuisine avec eux. C’était agréable de pouvoir partager des moments avec eux, discuter, avoir quelques conseils. La semaine, je passais majoritairement mon temps sur le terrain ou au bureau. Les week-ends, j’en ai passé pas mal a Pamparomas également, sinon j’allais au marché, je faisais ma lessive, j’en profitais pour voir des amis et pour aller me balader ou faire de petites randonnées. En effet, Huaraz est située entre la cordillère Blanche et la cordillère Noire. La vue sur les montagnes y est magnifique. Il y a beaucoup de petites randonnées vraiment jolies à faire, de beaux lacs de couleur bleu azur au pied des sommets blancs. Le Pérou est un pays tellement riche en culture, en diversité, et en paysages. Le tourbillon continu de musiques, klazonnes, aboiements, odeurs, couleurs est tellement enivrant et c’est ce qui va sans doute le plus me manquer. Les trajets en combi pour Pamparomas, bien que longs et entassés m’ont parus tout aussi magiques. La vue est splendide et l’ambiance à découvrir... Bref, j’ai vraiment passé 5 mois exceptionnels dans un pays fascinant. Cela m’a permis de m’ouvrir à quelque chose de nouveau et de faire grandir/évoluer ma vision de voir les choses, le monde. Je suis arrivée au Pérou sans savoir ce que je voulais dans le but d´éclaircir mes projets, aujourd’hui je repars en sachant ce que je veux!