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Témoignage de Guillaume Neve, stagiaire au Sénégal

[29-08-2016]

Parti pendant cinq mois au Sénégal afin de réaliser un guide d'agroécologie appliquée au Sénégal, Guillaume Neve nous raconte ici son stage, la découverte du pays, ainsi que ce qu'il en retire.

Deux mois après mon retour du Sénégal, j'aimerais partager avec vous mon expérience dans ce pays merveilleux au sein de l'équipe d'ADG. Je suis parti 5 mois en stage avec pour objectif de réaliser un guide d'agroécologie appliquée au Sénégal. Il s'agissait en fait de compiler les expériences agroécologiques d'ADG mais aussi celles des innovateurs et des autres acteurs du développement. Dès le départ, le stage s'annonçait mouvementé et intense.

La première étape fut l'adaptation, la prise de repère au bureau et à Thiès, et la recherche d'un endroit où dormir. Je dois d'ailleurs à ce sujet remercier Stéphane et ses connaissances mais également les stagiaires professionnels sénégalais logeant dans la maison de passage d'ADG qui m'ont accueilli chaleureusement, diminuant de loin le choc culturel décrié par tant de voyageurs. Le grand changement fut celui du climat car tant de soleil et de poussière surprennent le toubab profane et l'obligent à bien porter ses belles lunettes de touriste.

Pendant les deux-trois premières semaines, du côté professionnel, j'ai passé beaucoup de temps à rechercher des contacts actifs dans le monde de l'agroécologie au Sénégal que je pourrais rencontrer et entretenir de mon projet. L'accueil chaleureux par l'équipe du bureau d'ADG a rendu l'intégration aisée et le quotidien professionnel plaisant.

Les deux mois qui ont suivis ont donc été consacrés à la recherche et la compilation d'informations sur le terrain, la visite de fermes écoles, de jardins collectifs, à des interviews de paysans et d'animateurs en agroécologie. Et bien sûr la prise de photos pour illustrer les différents rapports et surtout le manuel. Les visites furent constructives et parfois déroutantes, tant la diversité du niveau d'aboutissement des projets en agroécologie est grande, je dois dire qu'il reste beaucoup de travail dans les fermes écoles soutenues par ADG. Ce facteur rend un stage au Sénégal d'autant plus plaisant qu'on a l'impression de participer à un effort collectif.

J'ai également eu l'occasion pendant l'ensemble du stage de prendre part à des comités de pilotage, à une formation en gestion de projet, à des visites de délégations et d'échanges ainsi qu'à d'autres réunions. Cela m'a permis de ma familiariser avec le fonctionnement des ONG sur le terrain.

Stagiaire à la ferme école de Dialacoto

 

 

Au delà de mon projet personnel, j'ai assisté mon maître stage Samba Atta DABO, chargé de programme ADG, dans la réalisation de protocole d'expérimentation, organisation de visite, et mission de soutien techniques aux organisations partenaires. Nous avons parcouru l'ensemble des fermes-écoles ensemble et pu partager avec eux des outils de gestion simples afin de faciliter le fonctionnement de celles-ci. Nous avons également réalisé la parcellisation de ces fermes et préparé en collaboration avec les organisations partenaires des plans d'aménagements agroforestiers pour qu'elles puissent prévoir et mettre en place les pépinières nécessaires à la production de plants d'arbres si précieux en agroécologie. Cette mission était également une aubaine pour moi, car elle m'a donné la chance de visiter la Casamance, région difficilement accessible en un weekend.

Au delà du rôle de stagiaire, j'ai pu profiter des weekends pour voyager et découvrir ce magnifique pays, avec son Niokolo-Koba, parc national aux milles facettes, le pays Bassari et les chutes de Dindéfélo, le Siné Saloum et sa mangrove, le désert de Loumpoul mais aussi le lac Rose et la Petite Côte. Le nord du Sénégal réserve un dynamisme culturel bien différent du reste du pays avec la ville de Saint-Louis et son festival de jazz, ses cafés-concerts et les parcs naturels alentours. J'ai consacré de nombreux weekends à l'organisation de la vie quotidienne et surtout à l'association IPHROMA et son jardin maraîcher collectif et agroécologique en périphérie de Thiès. C'était en effet l'occasion pour moi de pratiquer tout ce qui est théorisé, en apprenant leur façon de travailler et en les appuyant dans leur conversion à l'agroécologie. Ce fût surtout une manière de sortir dans la nature de l'agitation de la ville et de la vie de bureau quand les visites se faisaient moins nombreuses.

 Un dimanche au jardin maraîcher agroécologique d'IPHROMA avec mon ami Bashir DIOP.

Le logement dans la maison de passage m'a permis de m'immerger dans la culture sénégalaise avec mes colocataires locaux également stagiaires chez ADG. Ce fut un bon compromis pour découvrir la vie du pays sans être bridé par les familles d'accueils qui sont généralement accaparantes, culture de la famille casanière oblige. C'était un plaisir de faire des rencontres chaque jour, de tous les milieux, et à tous les endroits, les sénégalais ont été très agréables et avenants.

J'ai tissé beaucoup de liens avec des personnes de toutes origines avec lesquelles les amitiés ont été intenses et rapides, les mêmes valeurs et objectifs y étant pour beaucoup. Je suis impatient de pouvoir les revoir à nouveau dans quelque lieu que ce soit.

Au terme de ce stage, j'ai pu confirmer mon envie de travailler dans l'agroécologie et la coopération. J'ai apprécié cette première expérience en Afrique et la recommande à tous ceux qui souhaitent s'investir dans la coopération au Sud. J'ai pu confronter mes capacités d'adaptation et de résistance à un environnement complètement différent, développer mon autonomie et vivre une expérience personnelle très marquante, loin de ma zone de confort. J'ai désormais un regard différent sur ma façon de vivre à l'européenne et je tiens à entretenir cet esprit critique. Au niveau professionnel, j'ai renforcé ma conviction d'un besoin de travailler sur le terrain et de manière pertinente avec les besoins des partenaires.