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Témoignage : Plus qu'une expérencie, c'est un rêve au cambodge

[09-10-2017]

Laurence Tulkens, étudiante en Agro-industrie &Biotechnologie à la Haute École en Louvain en Hainaut, a réalisé son stage au Cambodge. Remplie de son aventure, elle nous livre ses impressions... 

Aujourd’hui, je suis rentrée depuis environ 1 mois. J’ai encore un peu de mal à revenir les pieds sur terre et me dire que mon incroyable aventure est achevée. J’ai repris le cours de ma vie en Belgique, pourtant tout me paraît différent.

L’autre côté, ce n’est pas que travailler

Certes, ce n’était pas toujours facile au quotidien, mais l’ensemble de mes périples ont fait de cette expérience un rêve et de ces rêves une réalité. J’ai dû m’adapter à un nouveau pays, une nouvelle culture, un autre « monde ». J’ai vécu une aventure exceptionnelle.

Tout n’a pas toujours été rose, je me suis mis beaucoup de pression pour réaliser le stage et mon travail de fin d’études en même temps. Ce qui était tout à fait réalisable. À peine arrivée, je n’avais pas ma valise, j’ai dû changer trois fois de logements, car je me suis retrouvée avec des personnes peut commode. Ensuite, j’ai rencontré des colocataires géniaux, une vie d’expat, des weekends où nous partions visiter les alentours de Phnom Penh. J’adorais prendre les motodop pour me déplacer dans Phnom Penh (mototaxi). Phnom Penh est une ville qui vit.

Comment tout cela a commencé...

Tout d’abord, je suis partie un mois en juillet 2016 afin de voir la vie et le travail qui était réalisé sur place. Cela m’a permis d’avoir un avant-goût du pays et de me faire une idée de tous les projets mis en place par ADG au Cambodge. Grâce à ce premier aperçu, j’ai réellement compris que je voulais effectuer ce stage.

Je suis donc repartie en février 2017 dans le cadre de mon stage et de mon travail de fin d’études. Mon projet était principalement axé sur l’amélioration de la qualité et de l’efficacité du Bokashi (engrais naturel) produit par la coopérative « Oudam Soriya[1] » dans la province de Takeo (sud-est du Cambodge).

Mon quotidien

Je me souviendrai toujours de ma première semaine : Sothy[2] et moi sommes parties sur le terrain pour rendre visite à des fermier-e-s. Tous se souvenaient de moi et me serrèrent dans leurs bras.

Lorsque j’ai participé à ma première réunion de la coopérative, ils-elles étaient tous heureux de voir que c’était moi, la petite étudiante qui revenait faire son stage. Ils-elles trouvaient cela incroyable.

Durant les trois mois et demi de mon stage, nous avons tous travaillé en collaboration. J’ai eu un contact avec les locaux qui était magique. Durant plusieurs semaines, j’ai dû me rendre seul à Takeo (village où était ciblé notre projet). Pour que je puisse plus facilement faire les trajets tous les jours, les villageois-e-s m’avaient prêté un vélo.

 

Ils-elles ne me laissaient jamais partir avant d’avoir mangé avec eux. Le seul hic c’est qu’ils-elles ne parlaient ni le français ni l’anglais et que je ne parle pas le khmer. Tout se faisait à travers un langage de gestes et d’onomatopées. Au fur et à mesure des jours, ils-elles m’apprenaient quelques mots en khmer et les enfants venaient, de plus en plus nombreux, pour que je leur apprenne des mots en anglais.

Pendant mon travail, l’ensemble de l’équipe d’ADG Cambodge a toujours été présente. Ils-elles prenaient régulièrement des nouvelles de l’avancement de mon projet et nous faisions régulièrement des mises au point sur les choses à modifier avec l’ensemble de l’équipe. J’ai principalement travaillé avec Sothy. C’est une personne assez têtue (comme la plupart des Cambodgiens), mais ça a été un réel plaisir de travailler avec elle. Elle était ma responsable et me soutenait dans les prises de décision. Même dans les moments où nous semblions perdues, nous trouvions toujours un moyen de rigoler et de rester positives. Ensuite, nous trouvions des solutions, nous nous adaptions aux problèmes pour avancer dans le projet.

J’ai dû m’adapter aux conditions de travail, ce qui n’était pas facile. En général, j’arrivais toujours la première le matin et je repartais dans les derniers le soir. Étant donné que je voulais rédiger mon TFE dans les temps, il m’arrivait très souvent de travailler sur mon temps de midi, ce qui est très ressemblant d’un rythme normal en Europe. Au Cambodge, cela est très différent : la pause de midi est très importante. Ils-elles mangent tout le temps : le riz est délicieux, il est évident qu’on craque. Cependant, ils-elles ne comprenaient pas pourquoi je ne prenais pas de pause à midi… mais respectaient mon choix. Je travaillais beaucoup, car je savais que mon stage était relativement court et je voulais aboutir à de réels résultats. La quantité de travail ne me dérangeait pas, car je savais qu’il y aurait une satisfaction pour la coopérative si les recherches étaient concluantes.

Au final, mon travail en valait la peine. Aujourd’hui, je vois encore leurs sourires et leurs enthousiasmes à ma présentation finale et de voir que cela était bénéfique. J’avais atteint mes objectifs personnels et professionnels pour la réalisation de ce stage.

Ce que j’ai gagné

Je pense que toutes ces péripéties que j’ai pu vivre au quotidien pendant près de 4 mois m’ont permis de grandir, d’être plus forte chaque jour, d’apprendre énormément sur la culture et enrichir mon expérience professionnelle. C’est une expérience à vivre. J’ai eu besoin de garder un certain contact avec des membres de ma famille, cela m’a permis de garder un minimum les pieds sur terre. 

Je continuerais à être bénévole pour ADG, car cela m’a montré les réels enjeux de la souveraineté alimentaire et l’utilisation des techniques agro écologiques. Je dois surtout remercier ADG Belgique-Cambodge et Christophe Goossens pour son accueil et le soutien qu’il m’a apporté. Merci aussi à Gwenaëlle Ninane et Éric Capoen pour leur soutien et leur aide durant les recherches effectuées sur le Bokashi. Sans l’ensemble de ces personnes, je ne serai pas encore nostalgique d’être rentré.

Laurence Tulkens, Juin 2017

[1]La coopérative « Oudam Soriya » est formée d’un ensemble de fermier-e-s qui travaillent en collaboration afin de favoriser la souveraineté alimentaire. De plus, l’ensemble de ces membres utilisent les techniques agroécologiques sur leurs cultures.

[2]Sothy est « Senior Agronomist » dans l’équipe d’ADG au Cambodge et a été ma responsable tout au long de ce stage.