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Une semaine en immersion chez une famille sénégalaise

[02-11-2015]

Lionel Croes, stagiaire chargé communication et suivi évaluation ADG, a passé une semaine chez une famille d'agriculteurs sénégalais dans le cadre du projet PANA-C.

Il raconte son expérience...

Dans le cadre du Projet d’Amélioration de la Nutrition et de l’Alimentation en Casamance (PANA-C), j’ai vécu 8 jours en immersion dans une famille Diola à Diannah. En Casamance, les Diolas sont le groupe ethnique le plus important (60% de la population), loin devant les wolofs. L’organisation sociale, communautaire, est égalitaire se fait autour de la famille étendue, patrilinéaire, les villages étant répartis en quartiers correspondant aux familles.

 

J’ai utilisé l’observation participante qui consiste à étudier une société en partageant son mode de vie, en se faisant accepter par ses membres et en participant aux activités des groupes et à leurs enjeux. D’une part cela permettra d’être un indicateur pour le suivi évaluation du projet et d’autre part, muni de ma caméra, j’ai filmé la famille dans ses pratiques quotidiennes pour la communication.

 

La Casamance est traditionnellement appelée le « grenier du Sénégal » car on y trouve des ressources agricoles diversifiées avec ses nombreux arbres fruitiers, son riz, mil, maïs, etc. Mais malgré cette richesse, elle est la région du Sénégal la plus touchée par l’insécurité alimentaire et la malnutrition.

 

Le hasard m’a amené dans le quartier de Djindêne 2 chez Monsieur Sané, marié à Oulimatou et Yacine, il a 16 enfants et un total de 31 bouches à nourrir.

Il vit de l’agriculture en cultivant de grandes cultures comprenant du riz, du maïs, du mil, du niébé, de l’arachide, du sésame. Il pratique aussi le maraîchage avec des tomates, oignons, pastèques, Gombo, aubergines, carottes, choux, navets, piments, pommes de terre. Sans oublier ses 400 arbres fruitiers (mangues, oranges, mandarines, avocats, citrons, coco et goyaves).

Un des problèmes du quartier est le manque d’électricité donc aucun moyen de stocker les aliments. Une fois récoltée, Monsieur Sané vend toute sa production pour couvrir d’autres besoins non-alimentaires (inscriptions scolaires, vêtements, fournitures, etc).

 

PANA-C est né du constat que les stratégies basées exclusivement sur l’amélioration de l’accessibilité et de la disponibilité des aliments n’entrainent pas directement une amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations les plus vulnérables. La production ne donne pas toujours la priorité aux aliments les plus nutritifs et ils ne sont pas valorisés de manière adéquate dans l’alimentation des familles. Le Pana-C interviendra donc en Casamance, au niveau des départements de Tambacounda, Bignona, Sédhiou et Kolda.

 

Vous pourrez bientôt voir les images filmées présentant Monsieur Sané, futur bénéficiaire du projet. Actuellement, il se prépare à suivre une formation à la ferme école d’Albadar. Le documentaire produit suivra donc l’itinéraire de la famille avant et après la formation avec la mise en pratique dans les champs et surtout dans les plats.