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Souvenirs du Sénégal par Bastien Clément

[05-10-2015]

Bastien a rejoint l'équipe d'ADG au Sénégal pendant 4 mois pour travailler sur des ateliers de cartographie communautaire dans le cadre de PRECEMA, le Projet de restauration et de conservation de l’écosystème Mangrove dans le Delta du Saloum.

L’objectif de ces ateliers est de permettre aux populations rurales d’exprimer la perception qu’ils ont de leur terroir en termes de restauration, d’aménagement, d’exploitation et de protection des espaces naturels.

Un projet inattendu

Je n’avais pas choisi le Sénégal. En fait l’Afrique ne s’imposait pas du tout comme une évidence. Moi, je suis un mec de la montagne, des glaciers et des torrents. Mais la vie est faite d’opportunités et le projet de stage proposé par ADG tombait à point : une expérience de 4 mois dans la mangrove du Delta du Saloum pour initier une démarche de cartographie communautaire. Ce projet de cartographie communautaire m’a vraiment permis d’effectuer un travail de terrain, de voir du pays et de travailler avec les populations locales.

Ici, la mangrove dépérit.

 Le Sénégal : le dépaysement

Après une longue route, on prend un bateau, un petit bac, pour traverser le fleuve. On arrive dans une petite ville, ou un gros village, comme on veut. Là-bas, il n’y a qu’une route principale goudronnée, le reste, c’est du sable. Enfin pas exactement. En réalité, il faudrait dire une route goudronnée, du sable, du sable et des moustiques.

Même si la langue nationale est le français, pratiquée dans les grandes villes, plus globalement la langue parlée est le Wolof ainsi que de nombreux autres dialectes. Petit à petit, j’ai fait l’effort de la pratiquer, au point qu’il était fréquent, lorsque l’on m’entendait parler Wolof, que l’on me demande depuis combien d’années je vis au Sénégal. Je pouvais alors répondre « quatre mois », un sourire en coin.

Une culture solidaire

Les sénégalais sont très accueillants. Ils s'amusaient de me voir tenter de débarquer d’une pirogue ou manger avec les mains. J’ai eu la chance de rencontrer sur ces îles des personnes, hommes et femmes, qui m’ont ouvert leurs portes pour m’offrir le thé, ou qui m’ont transporté dans leurs charrettes. Ils étaient fiers que j’accepte leur invitation.

Il y a là-bas une cohabitation et un respect de l’autre assez étonnants. C’est le Teranga, le « vivre ensemble » sénégalais. Des catholiques invitent des musulmans à leurs fêtes religieuses, et l’inverse est aussi vrai. Une belle leçon de vie !

Une rencontre avec le monde de la coopération

Ce que cette expérience m’a apporté par rapport au monde de la coopération au développement, c’est que l’encadrement de projets n’est pas le même que dans des entreprises ou des bureaux d’études conventionnels. Le travail n’est pas mâché ou pré-organisé. Il faut donc être, ou devenir, sacrément autonome. C’est très formateur !

On m’a confié une mission, dont la gestion me revenait quasiment de A à Z. Je me suis peut-être lancé un peu trop vite dans mon travail de terrain, sans prendre assez le temps de réfléchir à froid à une méthode adéquate, les deadlines à respecter, un rétroplanning, etc. J’ai ainsi appris qu’il était difficile de prendre le temps de réfléchir concrètement à l’organisation d’un projet quand on doit s’adapter à de nouveaux horizons. Cela demande un réel effort sur soi ! Mais le travail a bien avancé malgré tout.

Comme mot de la fin, je dirai que je ressens aujourd’hui comme une envie grandissante de retourner faire le thé sur la rive du fleuve Saloum…

 Navigation lente dans le bolon, où seul les habitants des îles parviennent à se situer.

 Bastien Clément