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Témoignage d'Anouck Stalport, stagiaire au Pérou

[25-08-2016]

Pendant quatre mois, et ce pour la réalisation de son travail de fin d'études, Anouck Stalport a eu l'occasion de découvrir la petite agriculture familiale dans la cordière des Andes. Elle nous raconte ici son expérience.

 

Au cœur du Pérou culmine le Huascaran, un des monts le plus élevé de notre planète. Les journées ensoleillées, j’avais la chance de voir pointer le bout de son nez le matin, quand je déambulais dans les petites rues de Huaraz pour aller au bureau. Je prenais chaque jour le temps de m’imprégner de cette image, même si elle avait fini par faire partie de mon quotidien. Parce que je savais c’était éphémère, je prenais le temps de mesurer chaque jour la chance que j’avais de vivre au sein d’une des plus belles chaîne de montagnes au monde.

Vue de la cordillère noire sur la Cordillère Blanche lors de mes visites de terrain

J’ai eu l’opportunité d’arpenter les montagnes de la cordillère noire pendant 4 mois, pour la réalisation de mon travail de fin d’études. Cette région regorge non seulement de paysages fabuleux, mais aussi d’une grande chaleur humaine. Les deux sont indissociables, et contribuent à la grande richesse des découvertes et des rencontres que j’ai pu y faire. Les péruviens prennent le temps de vivre et abordent les aléas de la vie avec une grande sensibilité et simplicité.

Groupe d’agriculteurs de la province de Carhuaz et moi-même

Je fais des études d’agronomie et j’ai eu l’occasion de découvrir une vie paysanne bien différente de la nôtre. Dans la petite agriculture familiale des Andes, les cultures traditionnelles se mélangent sur de petites parcelles où le travail du sol est encore très peu motorisé. A plus de 3000m d’altitude et sur les terrains souvent abrupts,  je devais souvent m’accrocher pour arriver à suivre les agriculteurs à travers leurs parcelles, qu’ils gravissent plusieurs dizaine de fois par jours en petites sandales. L’élevage fait partie intégrante du paysage, et les poules, cochons, vaches, lapins se côtoient. Sans oublier le fameux « cuy », ou cochon d’Inde, à la base de mets très appréciés dans la région. Il n’est alors pas étonnant de s’arrêter en chemin pour déplacer quelques cannetons qui prenaient un bain de soleil la route et refusaient de bouger.

Florentin et sa femme, famille d’agriculteur cultivant en agroécologie les plus anciennes variétés de pommes de terre du monde

Mon étude là-bas a porté sur la comparaison de pratiques agroécologiques et de pratiques conventionnelles, et l’impact qu’elles peuvent avoir sur la fertilité et la restauration des sols. Dans cette région, grâce notamment aux ONGs, de plus en plus de paysans optent pour ce mode de culture plus durable. Mon travail était dévaluer la plus-value apportée par ce type de pratiques sur les sols dans cette région fortement touchée par le changement climatique. Le contraste entre les bancs de l’unif et la réalité de terrain a d’abord été un peu déroutant. Mais développer son propre projet devient par la suite une réelle fierté et une belle aventure, plus enrichissant que tous les manuels qu’on aurait pu lire.

Mise en place de dispositifs d’échantillonnage au sein des parcelles d’étude

Ces quatre mois au cœur de la culture andine m’ont permis de mener un projet à bien de A à Z, et d’appréhender une autre réalité de terrain que celle que nous connaissons chez nous. Mais les implications personnelles d’un tel séjour s’étendent bien au-delàs. Et voyager, quel que soit la région du monde, permet de se redécouvrir soi-même, de faire des rencontres inoubliables,  de s’imprégner d’une autre culture et grave définitivement des souvenirs indélébiles dans nos mémoires.

Laguna Parón, 4200m d’altitude dans la Cordillère Blanche